Description :
L’orange est porteuse d’une énergie communicative. Depuis plus de 10 ans, un peu partout en Europe, des groupes de citoyens-consom’acteurs s’auto-organisent pour acquérir en circuit court les agrumes du groupement de producteurs siciliens et calabrais Le Galline Felici. Au-delà des oranges, s’est ainsi tissé peu à peu un monde de nouvelles relations qui fait entrevoir l’espoir d’une révolution tranquille, celle qui se soucie de l’autre, de la terre et de l’avenir.

Associations partenaires du documentaire :
Le RAARES, réseau d’achat autogéré réfléchi ecologique et social https://alternatives34.ouvaton.org/
Les amis de la crèmerie, épicerie autogérée.https://www.lacremerie-coop.fr
Les amis de Cassagnole
Durée : 1h30
Infos pratiques :
- Événement à prix libre sur place !
- Teaser : https://vimeo.com/1054492203/167352a143
- Durée 77 minutes – sous titré français – réalisation Olivia Bernholc
Descriptions détaillée :
Nous sommes en 2002. Roberto Li Calzi, paysan sicilien, cultive des agrumes et légumes bio depuis une vingtaine d’années, près de Catane. Il survit péniblement sous le poids des règles financières du marché conventionnel, les prix très bas imposés par de grosses coopératives sans qu’il ne reste rien au producteur au bout du compte… Prêt à tout arrêter, il découvre l’existence des groupements d’achats solidaires (GAS) et commence à proposer ses oranges en direct à des groupements du nord de l’Italie. Sa production déclenche rapidement attrait et enthousiasme et la demande croissante l’amène à ouvrir cette pratique à d’autres ami-es producteurs.
Cinq ans après, ils sont dix producteurs et créent le consortium des Galline Felici, les « poules heureuses » en italien « Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, nous ne vendons ni des poules ni de oeufs ! Notre nom s’inspire des poules vendues par les élevages en batterie en fin de cycle et remises en liberté par Roberto sur ses terres. Ces poules ne savaient pas à quel point la nature était belle. Au début, elles ne voulaient pas sortir de leur cage parce qu’elles n’avaient jamais gambadé, ni volé de toute leur vie. Au fil des jours, elles sont devenues de plus en plus belles, de plus en plus libres ! C’est la métaphore de notre libération du système agricole productiviste…»
Aujourd’hui, après quinze années d’existence, ils sont une quarantaine de membres et une cinquantaine de fournisseurs, de Messine à Raguse en passant par Agrigente et Palerme. Ce n’est pas qu’un échange commercial, c’est le partage d’un projet qu’ils nommeront plus tard la « Piccola Rivoluzione Gentille » (petite révolution gentille) Les Galline Felici travaillent avec le cahier des charges de l’économie sociale et solidaire, acteurs de plein droit du monde dans lequel on vit, et non comme un isolat en résistance. Ils veulent que l’économie sociale devienne l’économie tout court: « C’est une quête sans fin. Le monde actuel est tellement empreint de logiques économiques
avides et sans respect pour la Vie que nous sommes tous inévitablement contaminés. Nous sommes donc conscients de n’être jamais assez solidaires. Notre débat interne porte justement sur ce thème : chercher, pas à pas, à s’améliorer dans ce sens, convaincus que le bien individuel n’est pas en compétition avec le bien collectif. Nous souhaitons promouvoir la naissance d’autres collectifs comme le nôtre. Nous œuvrons pour que de plus en plus de personnes puissent « se permettre » de consommer des produits biologiques et pour créer ensemble des alternatives, dans tous les domaines ; tous les morceaux du puzzle d’un « autre monde possible ».
Nous tissons des réseaux de personnes qui con-courent* pour transformer les solitudes en solidarité. *(au sens de courir ensemble, contraire de l’idée originelle de “concurrence”) » Leur énergie communicative voyage avec leurs oranges. Dans les groupements de consomm’acteurs en France des projets de solidarité et de réflexion sur le bien commun et le partage fleurissent, comme la création d’une maison commune à Veynes dans les Alpes de Hautes Provence. La force de cette réussite, la relation » occhi negli occhi », les yeux dans les yeux, comme disent les siciliens. Ce lien du rapport direct d’où nait, germe la confiance. Derrière cet échange entre producteurs et consommateurs c’est tout autre chose qui se lit. L’orange, comme un prétexte pour développer des liens et éprouver la qualité d’une relation, et la
force du collectif. L’expérience de ce Consortium est une des réponses à la crise sociale et agricole que nous
traversons, un rayon d’espoir et de soleil à diffuser. Un geste d’humanité.

